Lutter contre les centrales photovoltaïques

sur les espaces naturels, agricoles et forestiers

Depuis 3 ans, les industriels de l’électricité se sont détournés des toitures ou terrains déjà artificialisés pour se ruer sur les terres agricoles… Adoptée en mars 2023, la loi d’accélération des énergies renouvelables a légitimé et encouragé le déploiement de panneaux métalliques sur des terres nourricières.

Le principe de « l’agrivoltaïsme » peut paraître séduisant – produire de l’électricité avec des panneaux en hauteur dans des champs, et maintenir une activité agricole en dessous. Mais la réalité des conséquences sur l’agriculture et nos milieux de vie le sont beaucoup moins. Ces projets industriels créent une compétition complètement inégale entre production énergétique et alimentaire, ce qui met en lumière la situation très fragile de l’agriculture en France.

C'est quoi le problème ?

Cette déferlante, qui touche tout le territoire avec plusieurs centaines de projets dans chaque département, ne prospère que sur la misère du monde paysan, en achetant leur silence via des rémunération allant de 2 000 à 15 000 par année et par hectare. Si les revendications de la Confédération Paysanne étaient mises en œuvres, aucun·e agriculteur·ice n’accepterait des dizaines de tonnes de métal connectés sur chacune de leur parcelle.

Dans sa programmation pluriannuelle de l’énergie, le gouvernement a fixé un objectif de 48 GWc de photovoltaïque en 2030, soit entre 3 000 et 11 000 hectares…
 
Hors le CNPN, la plus haute instance administrative compétente en matière de biodiversité, a démontré que « l’installation de 5 GW équivaut à équiper l’équivalent de la surface de la ville de Paris [et] l’artificialisation totale ou partielle d’espaces naturels, semi-naturels voire agricoles affecte les fonctions régulatrices, notamment climatiques, et la biodiversité de ces écosystèmes ».
Le CNPN précise que « dans le contexte d’érosion rapide de la biodiversité, le CNPN considère effectivement que 110 000 ha de milieux naturels ou semi-naturels constituent une pression très élevée. Pour mieux le contextualiser, ce chiffre correspond à la moitié de la superficie de l’ensemble des réserves naturelles de France hexagonale et équivaut presque à l’objectif seuil de l’artificialisation à l’horizon 2031 dans le cadre du ZAN (enveloppe nationale de 125 000 ha). Le CNPN maintient donc son propos que l’énergie photovoltaïque est coûteuse en espace ».
 
C’est pourquoi cette instance appelle « à mettre un terme à l’implantation de centrales photovoltaïques au sol dans les aires protégées et les espaces semi-naturels, naturels et forestiers ».

Par ailleurs les développeurs minimisent leurs impacts sur la biodiversité afin d’avoir à éviter à demander une dérogation à destruction d’espèces protégées… Ainsi « la qualité des études d’impact environnementales et l’apparente difficulté de la filière à se réguler n’offrent pas de garanties solides. Les projets arrivant en CNPN et en CSRPN sur des espaces dits « délaissés » car ne présentant pas d’activités anthropiques mais présentant de forts enjeux de biodiversité ne sont pas rares et il a été montré que de nombreux projets (89% pour les années 2022 et 2023) n’étaient jamais soumis à l’avis scientifique et technique de ces instances, bien qu’une dérogation espèces protégées (et donc une saisine de ces instances) soit obligatoire en cas d’atteinte à des espèces protégées et d’absence de garanties d’effectivité des mesures d’évitement et de réduction (décision Conseil d’État 2022). Étant donné les difficultés de la filière à se réguler et ses contorsions pour éviter de soumettre un dossier à une analyse par des experts indépendants à travers le dépôt d’une demande de dérogation espèces protégées, elle se retrouve juge et partie, en évaluant elle-même les enjeux écologiques à travers son étude d’impact, sans validation externe par des écologues non impliqués dans le projet ».

Un réseau de luttes contre les centrales photovoltaïques

La coordination nationale Photorevoltée est née lors des Résistantes sur le Larzac et lors des Rencontres rurales et paysanne à Bure durant l’été 2023.

En septembre 2023, une tribune-manifeste a été rédigée. Elle est aujourd’hui signée par plus 410 organisations, et traduite en 8 langues. Un groupe de travail aujourd’hui composé de 170 organisations, s’est mis en place via une liste d’échange interne car cette déferlante touche tout le territoire avec plusieurs dizaines voire centaine de projets dans chaque département.

Nous affirmons notre volonté de sortie du nucléaire et que pour ce faire, il n’y a nul besoin de mettre du photovoltaïque sur les espaces naturels, agricoles et forestiers.

Nous récusons le terme « agrivoltaïsme », qui relève du marketing et vise à légitimer un opportunisme foncier et financier dans un contexte difficile pour le monde paysan. « L’agrivoltaïsme » éloigne de l’autonomie : il ajoute à la dépendance au complexe agro-industriel (industries de la grande distribution, des engrais, pesticides et semences, machines agricoles, banques, organisations syndicales défendant leurs intérêts…) une autre dépendance plus moderne, car porteuse de l’image de l’énergie renouvelable. Nous refusons l’industrialisation des campagnes, car quelle que soit sa surface, ou sa « participation citoyenne », une centrale photovoltaïque sur des terres agricoles, naturelles ou forestières, est une installation de nature industrielle.

Ou en sont les luttes ?

Des centaines de collectifs existent face aux plusieurs milliers de projets en cours. Entre 2025 et 2026, ce sont plus de 300 nouvelles organisations et personnes qui ont contacté la Coordination Nationale Photorévoltée !

Quelles actions possibles ?

La Coordination Nationale Photorévoltée propose plusieurs leviers d’actions : juridique, contre expertise des impacts sur la biodiversité et argumentaire agronomique et réglementaire.
 
Il existe aussi une cellule des naturalistes ! Une trentaine de naturalistes et écologues se sont portés volontaires pour aider à la lutte contre les projets photovoltaïques sur les terres naturelles, agricoles et forestières.
 
Ornithologues, spécialistes des chiroptères et de la faune, herpétologistes, botanistes, et parfois tout à la fois, et couvrant tout le territoire : tous et toutes vont venir vous aider à expertiser les études d’impact environnemental, effectueront des passages sur le terrain et seront à même de trouver les failles dans les stratégies des développeurs.
Ces expertises ont vocation à nourrir les argumentaires des organisations lors des enquêtes publiques et auprès des tribunaux. Afin que ces analyses soient au mieux utilisées, ce travail est indissociable d’un suivi par les quatre avocates de la cellule juridique ou par la vingtaine d’avocat·es qui viennent en appui de la Coordo Photorévoltée.

Mieux encore : la Coordo Photorévoltée propose de cofinancer toutes ces expertises !

La Coordo Photorévoltée est en capacité de proposer et d’aider à la mise en place de plusieurs leviers indispensables pour une mobilisation :

  • Une aide juridique. C’est ainsi que depuis le lancement de la cellule juridique, les avocates répondent à près de trois sollicitations par semaine. C’est dire le besoin qui existe !
  • Une expertise théorique et pratique de naturalistes quant aux impacts sur la biodiversité des centrales photovoltaïques sur sols vivants.
  • Un argumentaire agronomique et réglementaire à destination des représentant·es en CDPENAF, qui est en cours de relecture par les avocat·es.

La Coordo propose aussi des formations pratiques et réglementaires. A ceci, s’ajoutent les conférences données et organisées, et les lettres de nouvelles aussi fréquentes qu’il est possible de les écrire !

Aller plus loin

Films et documentaires compilés par la Coordination nationale Photorévoltée

Chansons et poèmes face aux centrales photovoltaïque compilés par la Coordination nationale Photorévoltée